Avec son nouveau jeu interactif et éducatif Puzzle danse, l’Agora de la danse participe à l’essor de la médiation culturelle et à son déploiement numérique.

 

La pandémie a sonné l’urgence d’imaginer d’autres liens avec les publics, donnant un élan inédit aux activités numériques. L’Agora prend part au mouvement. Puzzle danse, petite idée née du Grand Confinement, est devenu notre projet numérique le plus ambitieux à ce jour. 

Ce premier site web interactif et éducatif en danse sensibilise les jeunes, de manière ludique, à la création. Il s’adresse d’abord aux élèves des écoles, âgés 8 à 12+ ans. L’expérience – gratuite et simple à utiliser – peut toutefois profiter à tous : néophytes, familles, curieux de danse…

Jouer à créer sa propre chorégraphie

Puzzle danse oscille entre le casse-tête et le jeu de création chorégraphique. Les participants choisissent et assemblent des morceaux de danse pour créer leur propre chorégraphie. Ça, c’est le premier degré d’utilisation, ludique et plus rapidement réalisé. 

 

Au fil de l’expérience, l’équipe artistique qui a créé la banque de gestes et la chorégraphie originale interagit avec eux. Elle est ici constituée de membres de la compagnie professionnelle Destins Croisés. Le chorégraphe Ismaël (Mouaraki), le compositeur Antoine (Berthiaume) et le danseur Rodrigo (Alvarenga) amènent les jeunes à la découverte de différents aspects de la création en danse. 

« Qu’est-ce qu’une intention artistique ? » « Remarques-tu un changement d’énergie ? » « Observe le début et la fin de chaque geste afin de bien enchaîner les mouvements ! »Le chorégraphe Ismaël et le danseur Rodrigo interagissent avec les participants

Questions, réactions et conseils peuvent aiguiser les réflexes et le sens d’observation des joueurs. Et, peut-être, les amener à faire des choix plus chorégraphiques. Ça, c’est le deuxième degré d’engagement dans le jeu.

Frédérique Doyon, idéatrice du projet à l'Agora, introduit Puzzle danse aux élèves © Marc Bourgeois

À la fin de l’expérience, peu importe leur engagement, les participants visionnent leur création. Il peuvent aussi découvrir le puzzle danse original imaginé par Destins Croisé, embryon de leur nouvelle création scénique à venir à l’Agora.

 

Enfin, un troisième degré d’engagement s’opère si l’enseignant.e ou le parent utilise la section Contenu pédagogique du site. On y propose deux activités clés en main, développées en collaboration avec la conseillère pédagogique en danse et art dramatique du Centre de services scolaires de Montréal, Corine Bouchard.

Premiers essais inspirants

Ces différentes approches possibles font de Puzzle danse un formidable outil de dissémination de la danse. Les premiers essais dans les écoles primaires et secondaires en témoignent.

« Nous avons eu beaucoup de plaisir à essayer le jeu Puzzle danse. Nous avons trouvé la plateforme simple à utiliser et son visuel intéressant. »Josée Bellavance, enseignante 2e cycle, école Saint-Arsène

Les élèves du Collège Charles-Lemoyne (1ère secondaire) ont apprécié « voir les séquences dansées s’assembler » et « le fait que c’est nous qui avons créé la danse » !

Si le jeu web peut exister de manière autonome, l’Agora a également développé une formule d’atelier animé directement à l’école par le danseur Rodrigo Alvarenga (activité payante). C’est l’occasion de faire bouger les élèves à la manière de Puzzle danse de renchérir certains apprentissages abordés dans l’expérience web.

« Les élèves ont beaucoup aimé l’approche pédagogique de Rodrigo. Il expliquait très bien et prenait le temps de démontrer.»Caroline Legault, enseignante du profil danse à l’école secondaire Les Patriotes (sec. 1 et 2)

Et ce n’est que le début…  Envie de l’essayer ? Si c’est déjà fait, écrivez-nous à puzzle@agorandanse.com et/ou remplissez ce court questionnaire. Nous sommes avides de vos commentaires !

Un contexte propice

L’arrivée de Puzzle danse est aussi révélatrice de la plus grande place accordée par nos institutions à la médiation culturelle – artistique et à ceux et celles qui la pratiquent (dont je suis). 

 

Faire le pont entre les œuvres, les artistes et les publics : c’est la belle mission de la médiation culturelle. Il existe autant de formes de médiation que de médiateurs.rices allumé.e.s pour stimuler la curiosité envers les œuvres. Cette profession était déjà en plein épanouissement avant 2020. Mais elle a aussi profité de la réflexion élargie sur la relation avec les publics et sur les outils technologiques pendant la pandémie.

 

Quelques indicateurs de cette ébullition récente…

  • L’explosion de l’adhésion au groupe FB du Regroupement des médiateurs.rices culturel.les du Québec (rMcQ) et la rédaction (en cours) de sa charte pour faire (re)connaître la profession et ses revendications
  • La création de l’Observatoire des médiations culturelles (OMEC) en 2019
  • Le lancement de la Maison virtuelle de la médiation culturelle en 2020 

À l’Agora aussi, dès le printemps 2020, on s’activait les méninges numériques. Résultat: nos Midi-coulisses ont migré sur Facebook-Live. On a tâté du webinaire sur Zoom. On a même concocté un premier balado autour d’un processus de création. Bref, la médiation artistique a le vent dans les voiles. Une belle lancée qui risque de durer.

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