Pièce de groupe exaltante, D’os et d’écorce est une invitation au voyage, à la rencontre d’influences et de sonorités plurielles.
Six danseurs et deux musiciens livrent une partition flamboyante au cœur du souffle, de la voix et du rythme. Ici, le jeu est très physique. Vivacité et énergie de cette danse contemporaine aux influences gestuelles indiennes vont bien au-delà des étiquettes, des divisions et des identités culturelles. Les sonorités enveloppantes et hypnotiques du didgeridoo et des percussions live, augmentées de compositions originales de Katia Makdissi-Warren, font vibrer les corps sur scène. Roger Sinha établit une fois encore la preuve, à travers l’exploration des origines et des héritages, que la somme de nos différences est d’une richesse inégalée.
À la croisée des esthétiques, dans une scénographie épurée laissant toute la place au jeu des danseurs, D’os et d’écorce est un travail de maturité mettant en lumière les tensions et contradictions du groupe face à l’individu. Pour l’anecdote, Roger Sinha, souffrant de problèmes pulmonaires, a trouvé dans la respiration propre au didgeridoo, un souffle salutaire. L’instrument se fait amplification de la voix autant que prolongement et extension du mouvement et donne ainsi au chorégraphe instrumentiste une place centrale.
Remerciements spéciaux aux chanteuses de gorge inuites Nina Segalowitz et Lydia Etok qui ont accepté de prêter leur voix à la bande sonore du spectacle D’os et d’écorce. La force de leur présence vocale nous renvoie à l’héritage ancestral sacré de leur peuple qui a subi l’effacement et l’exclusion, mais dont la culture et les traditions ont su traverser le temps malgré tout.
Roger Sinha, né en Angleterre d’une mère arménienne et d’un père indien a fait de ses expériences face à l’identité et la diversité sa première source d’inspiration pour ses œuvres. Unissant le Bharata Natyam, danse classique du sud de l’Inde, aux arts martiaux, son style contemporain est très hybride et distinct, alliant souvent les nouvelles technologies et la musique. Directeur artistique, chorégraphe et danseur, Roger Sinha fonde Sinha Danse en 1991. Gagnant de multiples prix dont le Charles-Biddle en 2018, son œuvre est reconnue internationalement. Plus de 50 créations, dont la marquante Burning Skin, ont tourné en Inde, au Royaume-Uni, en Algérie et aux États-Unis.
Soulignons la collaboration sur ce projet de Katia Makdissi-Warren, compositrice canado-libanaise à la croisée des musiques occidentales, moyen-orientales et autochtones, pour qui la création devient un espace de découverte de l’autre. Elle a signé de nombreuses trames sonores en théâtre, danse, cinéma, télévision, ou expositions comme celle de Burj-Khalifa à Dubaï.
La Société de musique contemporaine du Québec consacre toute sa 54e saison sous forme de série hommage à cette compositrice innovatrice.
22-23-24 janvier 2020 – 19 h
25 janvier 2020 – 16 h
Durée : 60 minutes
22$, 28$ | 29$, 35$
Parole d’artistes 23 janvier 2020 après la représentation.
Expérience famille 25 janvier 2020 – 11 h.
Chorégraphie Roger Sinha, en collaboration avec les danseurs
Interprètes David Campbell, Sébastien Cossette-Masse, Marie-Ève Lafontaine, Benoît Leduc, Erin O’Loughlin, François Richard
Musiciens Roger Sinha au didgeridoo, Bertil Schulrabe aux percussions
Musique Katia Makdissi-Warren et Roger Sinha
Voix sur bande sonore Lydia Etok et Nina Segalowitz au chant de gorge Inuit
Éclairages Stéphane Ménigot
Répétitrice et conseillère artistique Annik Hamel
Direction technique Jacques Pilon
Costumes Lyne Beaulieu
Coach vocal Hélène Martel
Résidences de création Centre de création O’ Vertigo, Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce
Roger Sinha