Mots du dramaturge
Au tout début du premier tome de son étude sur le cinéma, Gilles Deleuze évoque les trois thèses de Bergson sur le mouvement. Deleuze explique que, selon Bergson, la première thèse affirme que le mouvement est distinct de l’espace parcouru, que le mouvement est présent. C’est l’acte même de parcourir. Il dit qu’on peut rapprocher deux instants ou deux positions à l’infini, mais que le mouvement se produira toujours dans l’intervalle entre les deux, autrement dit, derrière notre dos.
Cela fait sept ans que deux personnes, deux collaborateurs, deux artistes ne se sont pas vues. Le temps et l’espace écoulés ont engendré certains contenus, récits, points d’ancrage pour un renouveau.
D’un point de vue dramaturgique, la reconstruction du temps s’effectue sous la forme d’un montage en direct, une série d’images et de situations divisées par des coupes de montage. Ici, la coupe de montage n’est pas seulement un procédé mécanique d’assemblage de deux images ou situations, mais elle est le temps et l’image eux-mêmes. Dans ce lieu obscur où fusionnent l’image-lumière et l’image-mouvement, s’ouvre un espace de reconnaissance, de compréhension plus profonde, de rencontre. Ce qui est visible sur scène n’est que le résultat de la rencontre survenue dans l’obscurité.
At the very beginning of the first book of his study of film, Gilles Deleuze writes about Bergson’s three theses on movement. Deleuze says that Bergson’s first thesis says that movement is distinct from the space covered…movement is present. It is the act of covering. He says, you can bring two instants or two positions together to infinity; but movement will always occur in the interval between the two, in other words behind your back.
It has been seven years since two people, two collaborators, two artists have seen each other. The time and space that have passed have created certain contents, narratives, footholds for renewal.
From a dramaturgical point of view, the reconstruction of time is carried out in the form of a live montage – a series of images and situations divided by montage cuts. The montage cut here is not just a mechanical process of joining two images/situations, but is time/image itself. At that dark place of the merging of image-light and image-movement, a space opens up for recognition, deeper insight, encounter. What is visible on stage is only the result of the encounter that occurred in the darkness.
– Goran Ferčec
© Andi Bancic
© Andi Bancic
© Andi Bancic
Avec Show Gone, la Torontoise Ame Henderson et le Croate Matija Ferlin signent ensemble le chapitre final d’un triptyque de duos entamés il y a plus de 15 ans : une histoire d’amitié créative et d’un relais chorégraphique à travers le temps.
Un grand merci à l’équipe de l’Agora de la danse, ainsi qu’à Alexander Carson, Karine Denault, Claudia Fancello, Lleu Henderson, Skye Henderson, Louiguens Istrop, Marie-Hélène Julien, Shona MacKenzie, Claire Maclean, Catherine Ste-Marie, Youssef Mutawe et Tedd Robinson.
Ame Henderson (Tkaronto) est une artiste de la danse et chorégraphe. Avec une pratique qui s’étend de la publication à la performance et à l’exposition, son travail propose des modes expérientiels d’être ensemble. Avec la compagnie collective Public Recordings, elle a produit et tourné plus d’une douzaine d’œuvres d’ensemble de 2003 à 2015 et a collaboré avec le Toronto Dance Theatre de 2013 à 2019. Elle travaille régulièrement comme interprète, œil extérieur et dramaturge et a enseigné dans divers contextes au Canada et à l’étranger. Elle participe régulièrement aux projets de Katie Ward et Evan Webber.
Matija Ferlin est un metteur en scène de théâtre croate, chorégraphe de pièces de groupes et interprète de ses propres one-man-shows. Diplômé du School for New Dance Development d’Amsterdam, il a ensuite vécu et travaillé à Berlin et à Toronto. De retour à Pula, sa ville natale, où il est né en 1982, il se concentre sur la recherche et le réassemblage de différents concepts de performance scénique, en collaborant à la fois avec des acteurs et des danseurs. Depuis 2023, il est directeur artistique du Théâtre national d’Istrie.
Chorégraphie et Performance
Matija Ferlin, Ame Henderson
Dramaturgie
Goran Ferčec
Scénographie
Mauricio Ferlin
Conception d’éclairages
Dario Družeta
Costumes
Matija Ferlin, Desanka Janković
Chapeaux
Kobali
Soutien artistique
Diego Gil, Katie Ward
Surtitres
David Gagnon Walker
Communications
Evan Webber
Documentation
Noel Pendawa
Direction Technique
Darah Miah
Production
ProvincijaetAme Henderson Projects
Coproduction
Agora de la danse, Public Recordings
Résidences de création
Agora de la danse, Mediterranean Dance Center (Svetvinčenat, Croatie)
Soutiens
Conseil des Arts du Canada, Ville de Pula, Ministère de la Culture et des Communications de la République de Croatie
L’Agora de la danse souhaite reconnaître que la terre sur laquelle nous nous trouvons est située en territoire autochtone, lequel n’a jamais été cédé. Nous reconnaissons les Kanien’kehá: ka comme les gardiens des terres et des eaux sur lesquelles nous nous rassemblons aujourd’hui. Tiohtiá:ke / Montréal est historiquement connu comme un lieu de rassemblement pour de nombreuses Premières Nations, et aujourd’hui, une population autochtone diversifiée, ainsi que d’autres peuples, y résident. C’est dans le respect des liens avec le passé, le présent et l’avenir que nous reconnaissons les relations continues entre les peuples autochtones et autres personnes de la grande communauté montréalaise.