Une déclaration physique et publique sur ce que signifie résister.
Assumant pleinement leur statut de femmes de couleurs et de mères, Justine A. Chambers (Vancouver) et Laurie Young (Berlin) prennent le devant de la scène pour explorer toute la gamme des petits gestes liés à la résistance. Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, les deux danseuses et chorégraphes s’éloignent du discours pour opérer un renversement de valeurs sur le territoire du corps. À un continent de distance, les deux artistes partagent une même fascination pour les ramifications autant politicosociales que physiques des gestes.
D’un simple détournement du regard jusqu’à l’iconique mouvement « Hands up, don’t shoot », les deux femmes dominent la scène pour exposer ces infinies gestuelles comme autant de puissants refus de se soumettre. Elles construisent en temps réel leur propre archive physique de la résistance.
Le théâtre représente aussi un système, qu’elles réduisent ici à sa plus simple expression par une scénographie sobre, faite de quelques éclairages et de son, qui gravitent autour d’elles. Car elles sont les piliers et le centre. Elles prennent leur place – celle qui leur est due depuis trop longtemps. One hundred more s’inspire de l’essai The Minor Gesture de l’auteure Erin Manning. Cet ouvrage aborde la politique du mouvement et comment les « gestes mineurs », loin de ceux fixés par les normes (« gestes majeurs »), contribuent à transformer les relations humaines et à façonner le monde.
L’une travaille à Berlin, l’autre à Vancouver. De la chorégraphie relationnelle de Laurie Young à la chorégraphie sociale de Justine A. Chambers, il n’y a qu’un petit pas qu’elles franchissent avec joie pour cette première création commune, à Montréal. Leurs démarches sont distinctes, mais leurs recherches portent sur les manières dont le – leur – corps est chorégraphié par la culture, la famille, les événements sociaux et les structures de pouvoir.
Laurie Young. Canadienne basée à Berlin, Laurie Young ancre sa pratique multidisciplinaire dans l’incarnation et la représentation de récits non-autorisés. Pour elle, toute relation entre humains et objets ou espaces sont des chorégraphies. Elle figure parmi les fondateurs de la renommée compagnie allemande Sasha Waltz and Guests.
Justine A. Chambers. Vivant sur le territoire non-cédé des nations Coast Salish, Justine A. Chambers aborde la danse comme un cumul d’archives incarnées. Elle privilégie les approches collaboratives pour développer des chorégraphies sociales, c’est-à-dire tirées du quotidien de la vie, à l’instar de Family Dinner et The Lexicon, présentés à l’Agora de la danse en 2016.
19-20-21 octobre 2022 – 19 h
22 octobre 2022 – 16 h
Durée : 60 minutes
29$ | 35$
Parole d’artistes 20 octobre 2022 après la représentation
Le goût de la danse 22 octobre 2022 après la représentation
Chorégraphie et interprétation Justine A. Chambers, Laurie Young
Lumières Emese Csornai
Création et composition sonore par Neda Sanai performée par Victoria Cheong
Costumes et direction des répétitions Sarah Doucet
Soutien artistique Kemi Craig, Josh Hite, Lee Su Feh
Production de tournée Kaia Shukin
Coproduction Agora de la danse, Centre national des arts, Sophiensaele
Résidences de création Agora de la danse, Centre national des arts – Programmes artistes invités en danse, Dance Victoria, Left of Main (Vancouver) The Scotia Bank Dance Centre (Vancouver)
Avec le soutien du NATIONALES PERFORMANCE NETZ International Guest Performance Fund for Dance, soutenu par le Federal Government Commissioner for Culture and the Media.